Vous êtes plutôt herbe ou poudre ? - Nouvelle Page Santé

Vous êtes plutôt herbe ou poudre ?

Chers amis,

Les plantes ont de nombreuses propriétés.

Mais savez-vous qu’une même plante, administrée sous forme de tisane, de teinture mère ou d’huile essentielle, n’aura pas le même effet sur vous ?

Pour profiter pleinement de leurs bienfaits, il faut garder en tête que certaines formes sont plus adaptées à certains usages.

Secrets de fabrication

Pour extraire les substances actives d’une plante et les conserver, les laboratoires de phytothérapie utilisent principalement 5 méthodes.

Les 5 préparations, solides ou liquides, qui en découlent, portent le nom de « formes galéniques » du nom du médecin grec Galien, qui préparait lui-même ses médicaments.

Les plantes contenues dans les gélules sont réduites en une poudre produite par séchage et par pulvérisation.

La teinture mère, elle, est issue de la macération de la plante dans de l’alcool. On l’utilise entre autres dans les remèdes homéopathiques.

Les extraits sont fabriqués en faisant tremper la plante dans un solvant (eau, éther, propylèneglycol…). Après son évaporation on obtient un extrait fluide, mou ou sec (nébulisat) qui sert à la confection de comprimés.

La suspension intégrale de plantes fraîches consiste à congeler la plante dans de l’azote liquide puis à la broyer finement. On la met ensuite en suspension dans de l’alcool à 30°. Les extraits fluides de plantes fraîches standardisés ou EPS sont obtenus avec ce procédé. Les préparations magistrales des pharmaciens utilisent ces suspensions. L’intégralité des principes actifs est préservée.

La distillation : on obtient par chauffage de la vapeur qui fait éclater les essences aromatiques de la plante, on a alors une huile essentielle (les huiles essentielles n’étant pas des corps gras mais volatils). L’eau de distillation n’est pas perdue puisqu’elle devient un hydrolat.

J’ai eu la chance de visiter une distillerie d’huile essentielle par le passé et, croyez-moi, l’aventure vaut le détour.

De la récolte des plantes à l’extraction vous vivrez une expérience unique pleine de parfums envoûtants et de magie. Un vrai bonheur !

Faire le bon choix

Tout dépend de ce que vous cherchez à obtenir.

Les plantes destinées aux infusions et tisanes n’ont pas la même « puissance de feu » que celles qui sont destinées aux compléments alimentaires ou aux préparations médicinales.

D’ailleurs, les formes les plus concentrées (suspensions intégrales) doivent obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) car elles sont considérées comme des médicaments.

Des précautions d’emploi seront alors clairement mentionnées.

Une préparation obtenue à partir de plantes fraîches contiendra toujours plus de principes actifs.

Il faut donc s’en remettre aux informations du fabricant.

Malheureusement ils sont peu nombreux à les donner clairement…

Un repère, cependant : les préparations les plus puissantes sont prescrites par les médecins ou les pharmaciens.

Elles ne doivent pas être utilisées sans un avis médical.

Les formes liquides, en gélules ou en comprimés que l’on trouve en vente libre se prêtent davantage à l’automédication. Malgré tout, si vous êtes néophyte, demandez conseil à un naturopathe ou un phytothérapeute.

Les plantes ne sont pas dénuées de contre-indications ni d’effets indésirables !

Pour les petits maux du quotidien

Des maux de ventre bénins au mal de gorge en passant par le stress, les tisanes sont mes remèdes préférés.

J’aime le fait de pouvoir composer ma propre combinaison de plantes et surtout d’avoir la possibilité d’aller les cueillir directement dans la nature !

Préférez toujours une plante fraîche à une plante sèche : seules les molécules solubles dans l’eau sont extraites.

Le terme de « tisane » englobe les techniques de l’infusion et de la décoction.

L’infusion consiste à verser de l’eau frémissante (surtout pas bouillante pour ne pas détruire les molécules les plus fragiles) sur les plantes sèches ou fraîches pour une durée de 5 à 10 minutes selon les plantes, avant filtrage. Il faut couvrir la tisane pendant toute la durée de l’infusion afin que les principes actifs et les saveurs ne s’évaporent pas avec la vapeur.

La décoction consiste à plonger des plantes dont les composants sont plus difficiles à extraire (en général les racines ou les écorces) dans de l’eau froide puis à porter le mélange à ébullition. On laisse ensuite à feu doux pendant plus ou moins longtemps selon les végétaux utilisés, avant filtrage. Ce mode de préparation permet d’extraire davantage de molécules que dans une tisane.

Vos mélanges ne doivent pas dépasser dix plantes.

Les huiles essentielles me sont très utiles en raison de leur diversité et de leurs modes d’action multiples. Elles sont concentrées en principes actifs et efficaces pour traiter un panel de maux quasi infini !

On peut s’en servir en inhalation, massage, dans un bain chaud, en les ingérant ou simplement en les respirant. Leur utilisation est donc très souple.

Elles présentent les inconvénients de leurs avantages : il ne faut pas les utiliser sans en connaître parfaitement les effets et la posologie.

Demandez toujours conseil à un professionnel de santé.

Pour une utilisation « couteau suisse »

Je mise sur les poudres de plantes médicinales.

Je les achète directement en sachet.

Elles peuvent alors être utilisées de bien des manières : elles peuvent être conditionnées dans des gélules si vous voulez créer vos propres remèdes (il faut alors bien connaître les posologies et les effets de la plante), être saupoudrées sur vos aliments ou mélangées à vos jus.

Pour les plus aguerris d’entre vous, vous pourrez les utiliser pour confectionner vos teintures mères.

Il est également possible d’utiliser la poudre de plantes sous forme de cataplasme, par exemple avec la poudre d’ortie et de prêle pour soulager vos articulations. La poudre de curcuma permet, quant à elle, de blanchir vos dents !

La cosmétique n’est pas en reste. Mélangées avec de l’argile vous pouvez réaliser des masques de beauté personnalisés. Pensez-y pour prendre soin de votre peau ou de vos cheveux.

Pour les cures et les troubles récalcitrants

Si vous devez suivre un traitement sur le long terme, les gélules et les comprimés ont l’avantage d’être pratiques. Vous pouvez les emmener partout et prendre vos remèdes quand et où bon vous semble.

Il faut distinguer les gélules d’extraits végétaux et les gélules de poudre de plantes.

Pour ma part je préfère les extraits.

En effet, la poudre de plante est plus fragile et de ce fait sa conservation est limitée. Sous l’action du temps, les principes actifs de la poudre se dégradent. Les laboratoires ont recours à des molécules comme la maltodextrine, le stéarate de magnésium, ou le lactose pour la conservation.

Des principes actifs en quantités moindres entraînent un nombre de prises supérieur pour une efficacité comparable à celle des gélules d’extraits végétaux. Les gélules de poudre de plantes contiennent entre 75 et 580 mg de poudre par gélules. Certaines peuvent être prises jusqu’au nombre de huit à dix par jour ! Personnellement, je préfère prendre 2 ou 3 gélules dans la journée et si possible avec le moins de conservateurs possibles. Pas vous ?

De façon générale, la prise de plantes en gélules permet d’obtenir une bonne biodisponibilité.

Autre avantage : chaque gélule contient une quantité de principe actif précise. Il suffit de la prendre un certain nombre de fois par jour pour atteindre la dose journalière adéquate. Les risques de surdosage sont réduits.

Concernant les comprimés à base d’extraits de plantes, les substances actives sont dans un milieu sec et condensé, ce qui est favorable à leur conservation.

Pourtant, le procédé de fabrication des comprimés me pose un problème : Presque tous contiennent au moins un allergène potentiel. Pour obtenir cette forme parfaite, solide, lisse, brillante, on retrouve fréquemment du lactose, de la glycérine ou de l’huile de cacahuète dans les excipients.

Une étude américaine met en garde1 : « En moyenne, un médicament solide oral contiendra 280 mg d’excipient pour 164 mg de principe actif ! » et « seuls 28  % des principes actifs prescrits disposent d’au moins une formulation sans aucun allergène. »

En général, les substances actives sont plus concentrées que dans les gélules. Les prises sont donc moins importantes mais les risques d’effets indésirables aussi.

J’aime beaucoup les teintures mères. Avec cette forme galénique on se rapproche d’une décoction ultra-concentrée.

Une teinture doit impérativement être préparée avec une seule plante.

En revanche, il est tout à fait possible de mélanger ensuite plusieurs teintures mères.

Les teintures se conservent bien. Elles peuvent se garder trois à cinq ans et doivent rester à l’abri de la lumière dans des flacons teintés et bien bouchés.

Elles se prennent diluées dans un verre d’eau2.

Vous pourrez par exemple combattre les insomnies avec une teinture mère de Pavot de Californie, (Eschscholtzia californica). 20 à 40 gouttes dans un verre d’eau le soir au coucher.

Vantée pour son action calmante contre le stress et l’angoisse, la teinture-mère de Tilia tomentosa est recommandée en cas de nervosité. 20 à 40 gouttes dans un verre d’eau.

La teinture-mère d’Echinacea angustifolia renforce les défenses immunitaires. 30 gouttes dans un verre d’eau 3 fois par jour.

En cas de grossesse ou d’allaitement, il est préférable de demander un avis médical du fait de la grande concentration en principes actifs. La présence d’alcool peut aussi consister en une contre-indication.

Un dernier conseil : changer de formes galéniques et ne pas utiliser toujours les mêmes plantes en continu permet de ne pas saturer les récepteurs de l’organisme et de garder une efficacité optimale.

À vous de jouer,

Laurent des Éditions Nouvelle Page

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Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que Santé Nature Innovation pourra l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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Bernard G
Bernard G
2 mois il y a

Attention avec l’echinaccea 3*30 gouttes par jour est trop élevés .l’ideal est 30 gouttes/jour pendant 7 jours, puis 7 jours d’arrêt avant de reprendre.

R.Nina
R.Nina
2 mois il y a

« Elles se prennent diluées dans un verre d’eau2. »
A quoi renvoie le petit 2?
je n’ai pas trouvé.
Nina

hamza lessehal
hamza lessehal
2 mois il y a

bonsioir et merci

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