IPP souvent, danger au tournant - Nouvelle Page Santé

IPP souvent, danger au tournant

Chers amis,

Il n’y a pas si longtemps, j’ai vécu une mésaventure que je veux partager avec vous.

Je me trouvais à Paris pour un rendez-vous important, et mon estomac me faisait vraiment passer un sale quart d’heure.

Victime de brûlures très désagréables, j’étais littéralement plié en deux !

Dans l’urgence, je décide de me rendre dans une pharmacie pour trouver de quoi me soulager, et on me propose immédiatement de l’oméprazole.

Devant ma réticence, le pharmacien insiste. Selon lui, il n’y a rien de plus efficace.

Eh bien, j’ai préféré prendre mon mal en patience et me soigner à ma manière une fois de retour chez moi.

Une grave erreur, 113 millions de fois

Esoméprazole, ansoprazole, oméprazole, pantoprazole, rabéprazole.

Ces 5 médicaments sont les plus prescrits dans le monde.

113 millions d’ordonnances, et ce, tous les ans !

Ce sont des IPP : des « inhibiteurs de pompe à protons », ou plus simplement des anti-acide.

La pompe à protons est une protéine.

Elle provoque le phénomène physiologique qui permet de faire baisser le pH dans l’estomac, donc favorise le milieu acide nécessaire à une bonne digestion.

En inhibant cette protéine, les IPP diminuent drastiquement l’acidité gastrique.

Ils sont couramment prescrits (parfois même sans ordonnance) pour traiter les reflux gastro-oesophagien, les hernies hiatales (l’estomac passe dans l’œsophage), les ulcères gastriques et duodénaux (lésions sur les parois de l’œsophage, de l’intestin grêle et de l’estomac), les gastrites (inflammation de la paroi de l’estomac).

Cela, y compris chez le nourrisson et chez l’enfant.

Le résultat est spectaculaire.

Ça marche très bien ! Le soulagement est rapide.

L’efficacité du produit et sa disponibilité font de sa prise un geste anodin… en apparence.

Grave erreur !

1 Français sur 10 est en danger

Le problème, c’est que le public n’en est pas suffisamment informé.

Pourtant, leurs effets sur la santé sont bien documentés.

Alors oui, prendre un oméprazole de temps à autre n’est pas un problème en soi.

Sauf quand cela devient une habitude.

Car le reflux gastro-œsophagien concerne 1 Français sur 3 et près d’1 sur 10 est touché au moins 1 fois par semaine1.

Et prendre un IPP est le recours le plus fréquent, donc on en vient facilement à en prendre plus d’une fois par mois.

C’est là que le manque d’avertissement sur les effets de ces substances devient un problème de santé publique !

Pourtant, une vaste littérature scientifique existe.

Elle souligne les nombreux effets délétères de la prise prolongée d’IPP2, à savoir :

  • une carence en vitamine B12 ;
  • une carence en magnésium ;
  • un risque accru de démence surtout chez les personnes âgées ;
  • une fragilisation osseuse avec un risque de fracture augmenté, là encore surtout chez les plus âgés ;
  • un déséquilibre de la flore intestinale ;
  • une augmentation des risques de diabète.

Plus récemment, une étude publiée sur le site Medscape3 a clairement alerté les professionnels de santé sur un risque encore plus grave :

« L’analyse a montré que les patients avec un reflux gastro-œsophagien et prenant des IPP (âge moyen : 54 ans) ont un risque accru entre 16 % et 21 % d’infarctus du myocarde. »

« Enfin, une analyse de survie menée indépendamment dans une population ayant subi une coronographie a montré un risque de mortalité doublé. »

Les IPP provoqueraient une augmentation de la résistance vasculaire (qui gêne la circulation du sang), des phénomènes inflammatoires vasculaires et des risques de thrombose (caillot dans un vaisseau sanguin)4.

Ça commence à faire beaucoup, vous ne trouvez pas ?

L’origine du mal

Si les IPP apaisent les symptômes, ils ne soignent pas la cause des maux d’estomac.

Fort logiquement les troubles réapparaissent dès que le médicament ne fait plus effet.

C’est d’autant plus vrai lorsque l’on consomme ce type de traitement régulièrement et depuis longtemps.

Dans ce cas, après chaque prise, une fois les effets dissipés, c’est un phénomène de rebond d’acidité gastrique qui survient (régurgitations acides et brûlures digestives).

Certains médecins choisissent alors la solution de facilité : ils gardent leurs patients sous IPP pendant des mois, voire des années.

De plus, bon nombre d’entre nous n’hésitent pas à s’automédicamenter pour évacuer l’inconfort des brûlures.

Si les brûlures sont fréquentes, alors le traitement, prescrit ou non, devient chronique.

Et l’IPP trône alors sur la table de nuit entre le livre de chevet et le verre d’eau…

Si j’étais un peu cynique ou un peu complotiste je dirais qu’on a là l’exemple parfait d’une maladie très rentable !

En France, la prescription des IPP, en constante augmentation depuis leur commercialisation en 1989, pesait 725 millions d’euros pour l’année 2011.

Prévenir et guérir l’acidité

Hormis les cas de pathologies lourdes (type ulcère), l’acidité gastrique est souvent bénigne.

Elle se traite alors facilement par des moyens naturels.

En prévention, vous pouvez mettre en place quelques règles simples.

  • Limitez les sources alimentaires d’acidité, à savoir les produits laitiers, le sucre blanc, les graisses animales, le café, le thé, les tomates, les sodas, les épices.
  • Faites de l’exercice 3 fois par semaine.
  • Prenez soin de votre flore intestinale (en consommant prébiotiques et probiotiques)
  • Cultivez la détente en pratiquant méditation, exercices de respiration et yoga, et limitez les sources de stress.
  • Hydratez-vous ! Buvez au minimum 1 litre d’eau de source par jour. Boire un verre d’eau doit être votre premier geste de la journée et le dernier. Un grand verre avant chaque repas préserve aussi de bien des ennuis gastriques.

Et si malgré tout vous êtes sujet à une crise d’acidité, plusieurs remèdes peuvent vous soulager.

L’argile, verte ou blanche, peut tapisser l’estomac et agir comme un pansement gastrique naturel.
Mélangez ½ c. à café d’argile ultra-ventilée dans ½ verre d’eau. Buvez la préparation 30 minutes avant les repas et à distance d’au moins 3 heures des prises de médicaments, car l’argile absorbe toutes les substances !

L’aloe vera : c’est ce que j’ai utilisé lors de ma mésaventure dès mon arrivée à la maison.
Prenez 2 à 8 cuillères à soupe par jour de gelée d’aloe vera, au moment des crises et/ou 30 minutes avant chaque repas.

La mauve est aussi particulièrement utile en cas de problèmes d’acidité. Les fleurs de cette plante herbacée des forêts, riches en mucilages, tapissent les muqueuses et calment les douleurs. Elles ont des vertus adoucissantes et cicatrisantes.
En cas de crise, vous pouvez boire 4 tasses d’infusion de mauve par jour.

La racine de réglisse a quant à elle des propriétés anti-inflammatoires actives sur les muqueuses de l’estomac et de l’œsophage. Elle favorise la formation du mucus qui tapisse la paroi de l’estomac, pour le protéger de l’acidité gastrique.
Sous forme de gélules de poudre de racine de réglisse dosées à 400 mg (en pharmacie), vous pouvez la consommer à raison d’1 à 2 gélules 30 minutes avant chacun des 2 principaux repas. Une cure de 3 semaines est possible pour éteindre les brûlures récalcitrantes.

Attention cependant, la racine de réglisse est déconseillée aux personnes souffrant d’hypertension et de problèmes cardiaques.

Faites-moi plaisir, en cas de problème gastrique bénin, ne vous précipitez plus sur les IPP.

Sur le long terme, vous récolterez plus d’inconvénients que de bénéfices.

La nature propose des solutions sûres et efficaces, profitez-en !

Laurent des Éditions Nouvelle Page

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Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que Santé Nature Innovation pourra l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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destartine
destartine
2 mois il y a

Je pense que le surpoids est la cause principale du reflux gastrique. Quand j’étais obèse, j’en avais fréquemment. Dès que j’ai maigri, ils ont disparu.

Christiane MARCK-SICARD
Christiane MARCK-SICARD
2 mois il y a

Bonjour, je suis en plein accord avec vous sur les IPP ; j’en ai pris durant plus de 20ans tous les jours en augmentant les doses parfois et depuis 3 ans j’ai tout arrêter, en effet l’acidité était toujours là, mes os en ont pris un coup (déminéralisation en autre), langue du double et j’en passe et des meilleurs, lorsque j’ai arrêté j’en ai bavé certes, j’ai toujours des remontées d’acide surtout le soir, mes os vont mieux (j’ai 75 ans) et je vais faire des séances d’hypnose pour me débarrasser du sucre que j’affectionne et du gras ce qui… Lire la suite »

claudine marcon
claudine marcon
2 mois il y a

Vous ne parlez pas de l’homéopathie en cas de remontée gastrique, c’est très efficace, 3 granules d’asa foetida, c’est à base de plante également.
Cordialement

Marie France Duffour
Marie France Duffour
2 mois il y a

Bonjour, j’ai arrêté les IPP, grâce à ma nutritionniste qui m’a suggéré la gemmotherapie, et cela a marché, un peu long 3mois, quelque rechute, mais j’ai tenu bon. Et maintenant plus de douleur.
Il s’agit du bourgeon de figuier.

Moulay Brahim
Moulay Brahim
2 mois il y a

Bonjour, je viens de lire votre message sur les Omeprazoles et il me vient une question. Je prends Esomeprazole avec l’Eurothyrox et Ramipril et Amlidipine pour la tension artérielle. Puis-je arrêter l’Esomeprazole s’il vous plaît ? Merci

Mammana
Mammana
2 mois il y a

Mes chères amis, je suis très heureuse de vous lire, car je trouve que vous êtes compétents, que vous donnez des explications scientifiques, mais vos invitations, avec une
certaine insistance, d’acheter quelque chose, me donne de l’incertitude et des doutes. Ça me gêne un peu, car je apprécie vos connaissances.
Dans cette période il y a beaucoup d’arnaques et je me demande pourquoi vos produits on les devrait acheter seulement en internet et pas en pharmacie..
Mes amitiés Agata

Bob2a
Bob2a
2 mois il y a

Personnellement ce sont les IPP qui me sont inconnus et le resteront comme beaucoup de poisons disponibles. Ma grand-mere, qui ne mangeait pas beaucoup de legumes et peu de fruits, prenait systematiquement une pastille apres le repas (Rennie). S’il m’arrive la meme chose, je prends une cuil a cafe de bicarbonate et c’est regle, mais pourquoi faire simple…

Dany
Dany
2 mois il y a

J’ai été un cobaye de ce genre de médoc dans les années 90. Le jour où je me suis demandé ce que je faisais dans les rayons de mon super marché alors que je ne faisais que faire mes courses, j’ai commencé à me poser des questions ! … Mes problèmes de reflux gastriques ont disparu lorsque un homéopathe m’a dit que j’étais « simplement » allergique au lactose. Bref, j’ai arrêté de consommer des produits laitiers et depuis je n’ai jamais plus eu de soucis.

GINDRE Christian
GINDRE Christian
2 mois il y a

Bonjour,
A priori, vous ne citez pas ; vieillissement des cellules et des neurones (un pourcentage plus élevé d’être atteint d’Alzheimer). Source médecin naturopathe.
Cordialement

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