La recette japonaise de l’Ikigaï - Nouvelle Page Santé

La recette japonaise de l’Ikigaï

La levée des restrictions sanitaires a fait souffler un petit vent de liberté retrouvée sur notre quotidien.

Il y a quelques jours, j’ai donc pu renouer avec une ancienne habitude, déguster un petit café en terrasse au soleil.

Cela ne m’était pas arrivé depuis des mois…

Mais ce café avait un goût légèrement différent : je me suis aperçu qu’il m’avait manqué !

Mais il est vrai que ce retour à la normal n’est pas vécu par tous de la même manière : chez certains, il a généré des angoisses. Je vous en parlais dans un message récent que vous pouvez consulter ici.

J’aimerais aujourd’hui partager avec vous un “enseignement” japonais pour vous aider à retrouver de la joie dans les plaisirs simples de l’existence comme ce petit café en terrasse.

Une raison de vivre

Depuis plusieurs mois, une personne âgée dont je suis proche ( je l’appellerai Denise) ne faisait plus grand chose hormis passer de mornes journées devant la télé.

L’envie n’était plus là, comme elle disait.

Attristée par cette situation, sa fille prit une jour l’initiative de l’inscrire à des cours d’œnologie.

Mais une fois l’inscription faite, convaincre Denise de sortir de chez elle n’a pas été chose facile.

Se lever plus tôt, s’apprêter pour sortir, prendre le bus, rencontrer de nouvelles têtes, changer ses habitudes, tout cela représentait autant d’obstacles pénibles à franchir.

Malgré tout, tant bien que mal, elle s’est rendue au premier cours avec sa fille, sans doute pour lui faire plaisir.)

Mais depuis…

… elle ne louperait pour rien au monde le prochain cours !

Il faut dire que cela a réveillé en elle un désir profond qu’elle pensait avoir oublié : plus jeune, elle voulait être viticultrice !

Grâce à cette sortie pédagogique bimensuelle, l’attitude de Denise a changé du tout au tout.

Aujourd’hui, elle sort de nouveau avec ses amies pour une marche quotidienne, elles s’invitent mutuellement à prendre un café de temps en temps, sa curiosité est sortie de sa torpeur, tout comme le plaisir d’apprendre et de partager.

Toutes ces choses qui donnent le goût de vivre en quelque sorte.

Denise a peut-être trouvé son ikigai.

Iki quoi ?

« Ikigai » est un mot japonais qu’on pourrait approximativement traduire par « raison d’être/de vivre ».
C’est en faisant des recherches sur ce qu’on appelle les zones bleues que Dan Buettner a découvert l’ikigai.

Les zones bleues sont les endroits du monde où l’on vit le plus vieux (on y trouve beaucoup de centenaires) mais aussi en bonne santé et pleinement heureux.

Ces endroits où il fait bon vivre se trouvent en Sardaigne, en Californie (dans la ville de Loma Linda), au Costa Rica (la région de Nicoya), ou encore au Japon (à Okinawa).

Après avoir fait une synthèse de toutes ses découvertes et observations, Dan Buettner a dressé une liste de points importants à retenir si vous voulez vivre vieux et en pleine forme.

Concernant l’île d’Okinawa, on peut ainsi retenir : le fait de manger végétarien, de jardiner, de consommer du soja, de profiter du soleil, d’être actif, de cultiver des plantes médicinales, d’avoir une vie sociale épanouie et… de trouver son ikigai.

Ce n’est ni plus ni moins qu’une philosophie de vie qui consiste à remplir ses journées avec ce qui a un sens pour soi.

Selon Buettner, et les habitants d’Okinawa eux-mêmes, ce concept joue un rôle majeur dans la capacité à vieillir en bonne santé.

Les scientifiques qui se sont intéressés au sujet confirment cela.

Adopter cette philosophie permet de se prémunir de l’anxiété et de la dépression1, du déclin cognitif2, des maladies cardiovasculaires3.

De façon générale, avoir un ikigai permettrait même de réduire le risque de mortalité toutes causes confondues (étude effectuée sur un total de 30 155 hommes et 43 117 femmes âgés de 40 à 79 ans)4 !

Comment trouver votre ikigai

Trouver son ikigai, c’est trouver une raison valable de se lever le matin avec entrain.

Chaque journée devient alors l’occasion de s’approcher d’un accomplissement personnel.
Imaginez à quel point cela pourrait modifier votre état d’esprit au quotidien !

Vous pourriez trouver votre ikigai dans le fait d’aider les autres, de faire un métier proche de vos valeurs, de transmettre votre savoir, de construire une grande maison pour y réunir vos amis, que sais-je…

Trouver son ikigai n’est pas toujours facile.

Il faut savoir se mettre à l’écoute de ses désirs profonds, de ce qui a du sens pour vous et une importance particulière à vos yeux.

Ca n’est pas évident car les “contraintes” que nous subissons nous éloignent souvent de notre ikigai : avoir un travail qui nous permette de vivre correctement, élever nos enfants, mettre de l’argent de côté pour partir en vacances ou réparer la voiture, trouver un équilibre dans notre couple, trouver une place dans la société.

Bref, il y a beaucoup de friture sur la ligne et pour beaucoup d’entre nous, accorder du temps à ce qui nous anime vraiment n’est pas une priorité.

3 étapes pour identifier son ikigai

Retrouver sa liberté peut être source de stress : « Je sens que j’ai envie de changer de vie, que c’est le moment de me jeter à l’eau, mais j’ai du mal à faire le point. »
Ce petit graphique devrait pouvoir vous aider à y voir plus clair :

Où se trouve votre ikigai ? au centre des différents cercles.

Une fois ces différents cercles précisés, vous pouvez commencer votre quête d’ikigai.

Etape 1 : notez les 10 choses auxquelles vous avez consacré le plus de temps cette semaine, puis pour chacune d’entre-elles demandez-vous si :
  • c’est quelque chose que vous aimez faire ;
  • c’est quelque chose dont le monde a besoin ;
  • vous êtes doué(e) pour cette activité ;
  • cela vous permet d’obtenir une forme de reconnaissance ou de satisfaction personnelle.

Ces questions correspondent aux 4 premiers cercles du graphique (ce que vous aimez, ce dont le monde a besoin, ce en quoi vous êtes doué(e)s, et ce pourquoi vous êtes payé).

Cette étape vous permettra de faire un premier tri.

Peut-être n’allez-vous extraire de cette liste qu’une seule activité correspondant à ces critères.
Vous n’en trouverez peut-être aucune et ce n’est pas grave.

Passez à l’étape n°2.

Etape 2 : creuser un peu plus loin

Essayez de répondre à chacune de ces questions le plus honnêtement possible :

“Qu’aimez-vous faire ?”

Cela peut concerner tous les aspects de votre vie (travail, quotidien, loisirs, centres d’intérêts…)

“Dans quel domaine vous sentez-vous à l’aise ?”

Que ces activités soient épanouissantes ou non pour vous, essayez de définir vos points forts. Vous avez des prédispositions pour tout ce qui est créatif, manuel, intellectuel, relationnel, sportif ?

“Quelles activités peuvent vous apporter de la reconnaissance ou une satisfaction personnelle ?”

“Quelles sont les activités qui vous donnent la sensation d’apporter quelque chose de positif au monde, aux autres ?”

Il ne s’agit pas de voir grand, il peut s’agir de petites choses. Vous pouvez tout simplement être bon cuisinier et donner du plaisir autour de vous avec vos plats. Ou bien vous avez un grand sens de l’écoute et vous savez soulager les angoisses de vos proches.

Etape 3 : croiser les informations

Croisez les activités que vous avez listées et répartissez-les dans les 4 catégories suivantes : passions, missions, vocations ou professions (sur le graphique ce sont les 4 thèmes qui se rapprochent du centre) :

  • vos passions : ce que vous aimez faire par-dessus tout et pour quoi vous êtes doué(e)
  • vos missions : ce que vous aimez faire et qui profite au monde (votre entourage c’est déjà très bien)
  • votre vocation : ce qui profite au monde (penser davantage en terme de société ici) et qui peut être une source d’accomplissement pour vous. Pensez-y même si vous n’avez pas toutes les compétences requises à l’heure actuelle.
  • votre profession : les domaines dans lesquels vous êtes compétent(e) et pour lesquels vous pouvez obtenir un salaire et/ou de la reconnaissance au sens large.

Si vous arrivez à identifier une ou plusieurs activités qui correspondent à au moins trois des quatre domaines (passion, mission, vocation, profession), votre ikigai ne sera pas loin.

Ce petit exercice n’a rien de définitif ou d’absolu.

C’est une aide, rien de plus.

L’idée principale est d’entamer un travail sur soi et sur ses objectifs.

L’aboutissement (trouver son ikigai) peut prendre du temps mais le fait de commencer à le chercher au fond de soi est sans doute le pas le plus important.

Et vous, qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ?

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Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que les éditions Nouvelle Page pourront l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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CASSAN
CASSAN
2 années il y a

Bonjour
En ce qui me concerne, la levée des restrictions m’a permis de retourner faire de la zumba 2 fois par semaine en vrai ce que je n’avais plus fait depuis plus d’un an et de revoir mes amies.

Agnès Grumiaux-Lefrançois
Agnès Grumiaux-Lefrançois
2 années il y a

Aller au cinéma, participer au ciné-club proposé par le CCAS de Trappes

Wiels
Wiels
2 années il y a

Retrouver des contacts sociaux où on peut revoir des sourires et faire des bisous aux gens que l’on aime…

Maryline Fredet
Maryline Fredet
2 années il y a

Génial cette méthode j avais déjà lu un article a ce sujet je l ai mis ds mon agenda et le relis régulièrement pour me recentrer. J ai adoré retrouver le bonheur d un café en terrasse en toute simplicité

Alex G
Alex G
2 années il y a

Bonjour,moi actuellement le matin je me lève pour travailler mes cours d’anthropologie et entretenir mes langues

Gérard BECKER
2 années il y a

Je suis ostéopathe et je voudrais signaler au sujet de l’Ikigai une lésion triple que je n’avais jamais vu jusque là chez mes patients et qui est apparue quelques mois avant le changement d’ère, au passage dans celle du verseau. Depuis, je la retrouve de plus en plus fréquemment, quel que soit l’âge. Il s’agit de deux lésions sur le sacrum et d’une lésion sur l’un des deux iliaques, associées. A l’aide des autre outils que j’utilise dans ma pratique, j’ai pu faire le lien entre ces lésions et le manque de racines, ce qui correspond exactement à ce que… Lire la suite »

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