Il adoucit la gorge, accompagne nos tartines, sucre les tisanes… et depuis des millénaires, on lui prête des vertus médicinales.
Entre les traditions populaires, les arguments marketing et les découvertes scientifiques, le miel se retrouve souvent auréolé de propriétés presque miraculeuses.
Pourtant, comme souvent en matière de santé naturelle, la réalité est plus intéressante que les slogans.
Car oui, le miel possède des propriétés remarquables, mais pour en profiter pleinement, il me semble nécessaire de démêler le vrai du faux.
Le miel est meilleur pour la santé que le sucre
VRAI… mais avec quelques nuances
Commençons par une idée largement répandue : remplacer le sucre blanc par du miel serait forcément meilleur pour la santé.
Le miel est essentiellement constitué de sucres, principalement du fructose et du glucose.
Une cuillère de miel reste donc une source importante de glucides simples.
Sur ce point, il ne faut pas se laisser tromper par son image de produit naturel.
Le point positif : selon son origine florale et son mode de transformation, le miel contient des minéraux, des acides organiques, des protéines et surtout différents composés bioactifs, notamment des polyphénols.
Certains miels présentent ainsi une activité antioxydante intéressante.
Autre avantage : le miel possède un pouvoir sucrant important. On peut donc en utiliser moins pour obtenir la même sensation sucrée.
Le bon réflexe consiste donc à considérer le miel comme un produit sucrant bien plus intéressant que le sucre de table, mais à consommer avec modération, et cru pour profiter de ses propriétés.
Le miel calme la toux
VRAI !
Voilà probablement l’une des propriétés du miel pour lesquelles les données scientifiques sont les plus intéressantes.
Le miel peut notamment contribuer à soulager la toux associée aux infections respiratoires bénignes, particulièrement lorsque la toux survient la nuit.
Le NCCIH, organisme américain consacré aux médecines complémentaires, considère d’ailleurs le miel comme une approche qui présente des résultats encourageants contre la toux chez l’enfant[1].
Pourquoi ?
Sa texture visqueuse lui permet de tapisser temporairement les muqueuses de la gorge. Son goût sucré stimule également la salivation et peut contribuer à diminuer l’irritation.
À cela s’ajoutent les nombreux composés présents dans le miel, dont certains possèdent des propriétés antioxydantes et antimicrobiennes.
Le miel ne soigne évidemment pas la cause d’une infection virale.
Mais lorsqu’une toux empêche de dormir, une cuillerée de miel peut être un remède simple, agréable et efficace.
Avec une règle impérative : jamais de miel avant l’âge de 1 an ! [2]
Le miel est bon pour l’intestin
VRAI, mais à nuancer
On entend de plus en plus parler de l’action « prébiotique » du miel.
L’idée est intéressante : certains composants du miel pourraient favoriser certaines bactéries intestinales bénéfiques et influencer le microbiote.
C’est exact mais nous sommes encore loin d’avoir démontré que manger du miel permettrait de « réparer son microbiote » ou de « traiter une maladie digestive » comme on peut le lire parfois.
Dans tous les cas, le miel cru a une action intéressante pour le microbiote alors ne vous en privez pas !
Le miel cristallisé est périmé
FAUX !
Vous avez ouvert votre pot et découvert une masse blanche, granuleuse, presque solide ?
Pas de panique.
Votre miel n’est pas forcément à jeter à la poubelle.
La cristallisation est un phénomène naturel qui dépend notamment de la proportion de glucose et de fructose contenue dans le miel.
Certains miels cristallisent rapidement. D’autres restent liquides pendant beaucoup plus longtemps, par exemple l’acacia.
Un miel qui cristallise est parfaitement consommable et ses propriétés restent les mêmes.
Si vous préférez le retrouver liquide, vous pouvez simplement réchauffer doucement le pot au bain-marie. Évitez toutefois les températures trop élevées, qui peuvent altérer certains composés sensibles à la chaleur.
Le miel est souvent falsifié
VRAI… mais pas si facile à détecter
Hé oui, le miel peut être coupé avec du sirop de glucose, de fructose, ou simplement du sucre. Parfois, c’est difficile à repérer. Le problème, bien entendu, c’est que les nutriments ne seront pas du tout les mêmes !
Alors, comment vous y retrouver ?
Choisissez un miel dont la provenance est clairement identifiable, si possible directement auprès d’un apiculteur, et évitez les produits à l’origine trop imprécise ou aux prix anormalement bas.
Méfiez-vous notamment des miels dont l’origine est vague, par exemple si vous lisez « mélange de miels originaires de l’UE et hors UE ».
Sachez que les fameux tests maison (goutte de miel dans l’eau, test de l’allumette, du pouce ou du papier absorbant) ne permettent pas de déterminer de manière fiable si un miel est authentique.
Il ne faut pas manger de miel si l’on est allergique au pollen
FAUX
Le pollen responsable des allergies respiratoires n’est pas nécessairement celui que l’on retrouve dans le miel. Et s’il en contient, ce n’est que sous forme de traces qui sont neutralisées lors de la digestion.
Pour dire les choses clairement : il existe deux types de pollens :
- Le pollen alimentaire dit entomophile. Il est transporté par les abeilles et présente une composition nutritionnelle riche.
- Le pollen de graminées transporté par les vents dits anémophile. Il est la cause des allergies pendant la période de pollinisation.
On peut aussi parfois lire que le miel permet à contrario de lutter contre les allergies.
L’argument est séduisant : manger du miel produit à proximité de chez soi permettrait d’ingérer de petites quantités de pollen et d’habituer progressivement l’organisme aux allergènes présents dans l’environnement.
Compte tenu de ce que je vous ai dit précédemment, l’argument ne tient pas : les pollens présents dans le miel ne sont pas les mêmes que ceux qui viennent nous chatouiller les narines…
Cela n’empêche évidemment pas de choisir un miel local pour d’excellentes raisons : soutenir les apiculteurs, favoriser une production de proximité et profiter de la diversité des terroirs.
Quels sont vos miels préférés ?
Avez-vous des producteurs à conseiller ?

