Il y a quelques centaines d’années encore, le tatouage était un art qui permettait de montrer la tribu, ou le rang social auquel on appartenait.
Aujourd’hui, il a changé de visage. Discret ou spectaculaire, intime ou revendiqué, il accompagne toutes les générations et toutes les catégories sociales.
Le tatouage est devenu une manière parmi d’autres de raconter son histoire, d’affirmer sa personnalité ou de conserver sur sa peau le souvenir d’un moment important.
Il ne s’agit donc certainement pas de porter un jugement sur cette pratique.
Mais qui dit popularité dit aussi nécessité d’information. Car se faire tatouer n’est pas anodin : l’aiguille traverse la barrière cutanée et dépose des pigments dans le derme, une couche profonde de la peau où ils peuvent rester pendant des années.
Que contient vraiment une encre de tatouage ?
Une encre de tatouage n’est pas simplement constituée d’un pigment coloré. Il s’agit en réalité d’un mélange de substances.
Les analyses scientifiques ont retrouvé, selon les produits et les couleurs, des hydrocarbures aromatiques ou encore des métaux comme le nickel, le chrome et le plomb[1]…
Cela ne signifie pas que chaque tatouage est toxique ni que toute personne tatouée développera forcément une maladie grave, mais il était temps d’agir pour rendre ces encres plus sûres.
Depuis janvier 2022, le règlement européen REACH encadre fortement les substances chimiques utilisées dans les encres de tatouage et le maquillage permanent. Plus de 4 000 substances dangereuses ont ainsi vu leur utilisation restreinte, avec notamment des limites de concentration pour certaines substances cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction, sensibilisantes ou irritantes.
C’est une bonne chose, mais cela ne veut pas dire que ces substances ont complètement disparu.
Soyez très exigeant avec votre tatoueur quant à la composition et la provenance des encres qu’il utilise.
Le gros problème : des encres qui se baladent librement
C’est peut-être l’un des aspects les plus surprenants et les plus importants à comprendre.
On pourrait imaginer que le pigment injecté reste définitivement emprisonné dans le dessin. En réalité, une partie des particules peut être captée par les cellules immunitaires et transportée progressivement ailleurs dans l’organisme.
Des pigments sont notamment fréquemment retrouvés dans les ganglions lymphatiques[2].
Cette découverte change notre manière d’envisager les conséquences possibles d’un tatouage car nous savons maintenant qu’une petite proportion d’encre voyage un peu partout dans notre corps.
Que deviennent ces particules au fil des années ? Comment évoluent-elles ? Comment sont-elles transformées par l’organisme ? Existe-t-il des conséquences à terme ?
Et le cancer ?
La transition est toute trouvée.
Cette migration des pigments relance le débat sur la possibilité d’un lien entre cancer et tatouages.
Qu’en est-il réellement ?
Une revue systématique et une méta-analyse publiée en 2026 ont réévalué les données disponibles sur le lien éventuel entre tatouage et cancer[3].
L’étude conclue que les tatouages ne sont pas spécifiquement associés à une augmentation démontrée du risque de cancer, notamment de mélanome ou de carcinome (cancers de la peau).
En revanche, un risque accru existe bel et bien concernant le lymphome (cancer du système lymphatique).
Une étude suédoise publiée en juin 2024 dans eClinicalMedicine, une revue du groupe The Lancet, s’est intéressée pour la première fois à grande échelle au lien éventuel entre tatouages et lymphome malin[4].
Portant sur près de 12 000 personnes, elle a observé chez les personnes tatouées un risque de lymphome supérieur de 21 % à celui des personnes non tatouées.
Les chercheurs ont également constaté que le risque semblait particulièrement élevé lorsque le premier tatouage remontait à moins de deux ans, et qu’il augmentait à nouveau chez les personnes tatouées depuis onze ans ou davantage.
Au rayon des cancers, les tatouages posent un autre problème, notamment lorsqu’ils sont très étendus : lorsqu’une grande partie de la peau est recouverte d’encre, certaines lésions peuvent devenir plus difficiles à observer.
Le tatouage peut ainsi compliquer la surveillance visuelle de certains grains de beauté ou des premiers signes de l’apparition d’un cancer de la peau.
Et si l’on veut se faire tatouer malgré tout ?
Le choix du professionnel est essentiel. Un tatoueur sérieux doit pouvoir expliquer ses mesures d’hygiène, l’origine des produits utilisés et les précautions à prendre après la séance.
Il est également utile de conserver les informations concernant l’encre utilisée, notamment sa marque et son numéro de lot. Elles peuvent être précieuses si une réaction indésirable apparaît ultérieurement.
Il faut également respecter soigneusement les consignes de cicatrisation (attention au soleil !) et éviter de banaliser une complication.
Enfin, deux questions toutes simples méritent d’être posées avant de passer sous l’aiguille :
« En ai-je vraiment envie ou suis-je en train de céder à un effet de mode ? »
« Avec le temps, ne vais-je pas trouver ce tatouage ridicule ? » (ce qui peut paraître sympa à 20 ans l’est souvent beaucoup moins à 30 ou 40 ans…). Songez qu’il n’est jamais simple d’effacer un tatouage surtout s’il couvre une grande surface.
Enfin, en cas de problème de santé ou de traitement susceptible d’influencer la cicatrisation ou les défenses immunitaires, un avis médical peut également être pertinent.
Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir s’il faut être « pour » ou « contre » les tatouages. Il est de mieux comprendre ce qui se passe lorsque l’on introduit durablement des pigments dans la peau.
Les connaissances scientifiques ont progressé. Les encres sont désormais soumises à une réglementation européenne plus stricte qu’autrefois. La surveillance sanitaire s’organise. Mais certaines questions restent ouvertes.
C’est finalement une invitation à adopter une attitude simple : ne pas avoir peur, mais ne pas banaliser non plus.
Cela permet simplement de le faire, et de le vivre, en connaissance de cause.
Êtes-vous tatoué(e) ?
Avez-vous connu des problèmes de santé suite à ce(s) tatouage(s) ?


Et bien moi qui ai une sainte horreur des tatouages!! Cela me confirme dans mon choix
J’ai énormément de mal à comprendre que l’on se fasse tatouer ! Je trouve que les personnes s’enlaidissent. Il n’est plus rare de voir de jolies jeunes filles arborant outre de grands tatouages, des piercings, notamment entre les narines et sur la lèvre… Pour moi ce sont des choix aberrants… Ce sont des actes qui correspondent à des sociétés primitives. Et que les européens adoptent ces codes est aussi surprenant que dérangeant. Existe t’il une explication ou des explications psychologiques à cette mode de plus en plus envahissante des tatouages et des piercings ? Mal-être ? entorse à la civilisation… Lire la suite »
Cette mode trouvera une fin puisqu’elle n’a aucune raison valide d’être propagée de la manière primitive que l’on cherche à imposer. Avec nos documents actuels, nous nous passons bien d’être reconnus par « notre tribu »…
Bonsoir, non je n’apprécie pas du tout les tatouages et je les laisse bien volontiers aux autres .. Je ne regretterai jamais de ne pas avoir suivi cette drôle de mode, affichant tout ou presque tout, à tout le monde..!! Je respecte les personnes ayant fait ce choix et espère qu’elles n’auront jamais à regretter leur décision plus tard, car je crains que tout ne devienne pas très élégant et raffiné en prenant de l’âge .. voire à risques pour la santé !! A méditer dans le temps ..
Ni tatouée, ni percée. Intacte, comme au premier jour. 😉
Oui j’ai une petite cigale tatouée sur le bras depuis plus de vingt ans aucun problème de santé depuis, le désir d’un autre tatouage a été tempéré parce que cela est assez douloureux à faire !
Je porte un tatouage mais je l’ai fait faire avec une encre 100% vegan donc non toxique (pas de métaux lourds) Cela existe mais il faut le demander à la personne qui réalise le tatouage.
Bonjour ou bonsoir, Non je ne suis pas tatouée, je trouve cette mode très dommage car le sens du tatouage est trop banalisé voire oublié. De plus j’ai horreur des piqures et bon ça fait mal un peu quand même suivant où on se le fait faire ce tatouage…. Dans un festival dans les Landes Bordelaises il y a quelques années, j’ai discuté avec un tatoueur qui m’a assuré qu’il refusait de tatouer un « tribal » au niveau des lombaires chez les jeunes filles car un problème important pouvait se déclarer (encre ou mauvaise vision ou les deux) quand elles auraient… Lire la suite »
Un autre problème des tatouages est l’image que l’on donne à un professionnel lors d’un recrutement ou plus tard. Dans ce cas mieux vaut un tatouage discret ou caché. Selon le domaine d’activité, une personne tatouée à outrance se verra refuser certains postes.
Bonjour, cet article est très intéressant et m’amène une question : qu’en est il es personnes qui après ablation du sein font un tatouage à la place d’une reconstruction mammaire ? Ou encore des personnes qui font un tatouage sur leur sourcil pour minimiser la perte des sourcils ?