Arrêtez d'être votre pire ennemi : apprenez l'autocompassion - Nouvelle Page Santé

Arrêtez d’être votre pire ennemi : apprenez l’autocompassion

Lorsque nous échouons, lorsque notre corps nous déçoit, lorsque nous commettons une erreur ou traversons une période difficile, nous avons souvent un réflexe étonnant : nous nous jugeons. « Je suis vraiment nul. », « J’aurais dû faire mieux. », « Je n’ai aucune volonté. », « Je ne suis pas à la hauteur. »

Posez-vous cette question : parleriez-vous ainsi à un ami qui vient de subir un échec ou de traverser une épreuve ?

Vous chercheriez plutôt à le réconforter, à relativiser, à lui rappeler qu’un épisode malheureux ne résume pas une personne.

L’auto-compassion consiste précisément à appliquer cette même bienveillance à soi-même.

Non pas à se trouver des excuses, à nier ses responsabilités ou à se persuader que tout va bien. Mais à reconnaître nos souffrances, nos fragilités, à accepter nos imperfections.

Et cette attitude, loin d’être une simple philosophie théorique, peut vraiment changer le cours de votre vie.

Pourquoi sommes-nous si durs avec nous-mêmes ?

Se dévaloriser ou se juger durement est un mécanisme extrêmement humain. Nous avons tendance à croire que la critique va nous aider à progresser.

La société est ainsi faite qu’elle nous abreuve d’images idéales, de stars aux talents incroyables pour qui la perfection semble naturelle.

On nous vend du rêve sept jours sur sept !

Cela nous plonge dans une quête perdue d’avance, car ce scénario bien rôdé n’est qu’une chimère bien éloignée de la nature humaine, faite de fragilité et d’imperfections.

L’autocritique permanente alimente la culpabilité, la honte, l’anxiété et la rumination.  C’est un poison qui fait son travail de destruction dans l’ombre.

À l’inverse, l’autocompassion propose une autre manière de réagir : constater l’erreur sans transformer celle-ci en condamnation personnelle.

« J’ai fait une erreur » devient alors : « Je suis humain, j’ai fait une erreur, je peux l’accepter sans en faire un drame et essayer de comprendre ce qui s’est passé. »

La différence paraît subtile. Elle est pourtant considérable.

Être compatissant envers soi n’est pas de la complaisance

L’autocompassion est parfois mal comprise. Certains pensent qu’elle encourage la paresse, l’indulgence excessive ou le narcissisme. Comme si se montrer compréhensif envers soi-même revenait à se donner systématiquement raison.

C’est tout le contraire !

L’autocompassion ne consiste pas à dire : « Je me fous de mes erreurs. » Elle consiste à reconnaître avec lucidité ce qui nous est difficile, ce qui n’a pas fonctionné et ce qui pourrait être amélioré, tout en évitant de s’infliger une souffrance supplémentaire par le jugement.

La psychologue Kristin Neff, l’une des principales chercheuses dans ce domaine[1], décrit traditionnellement trois dimensions de l’auto-compassion :

  1. La bienveillance envers soi ;
  2. La conscience de notre humanité commune ;
  3. La pleine conscience.

Harvard Health reprend cette définition en soulignant que l’auto-compassion signifie notamment se montrer chaleureux et compréhensif envers soi-même lorsque l’on souffre, échoue ou se sent inadéquat[2].

La première dimension est donc la bienveillance. Il s’agit de remplacer la voix intérieure agressive par une voix plus douce.

La deuxième est l’humanité commune. Nous avons parfois l’impression que nos faiblesses nous rendent différents des autres. Pourtant, personne ne traverse la vie sans connaître l’échec, la maladie, le vieillissement, le doute, le chagrin ou la peur.

Enfin, la pleine conscience consiste à observer ce qui se passe en nous sans immédiatement le juger. « Je suis triste » est différent de « je suis faible parce que je suis triste ». « J’ai peur » est différent de « je suis ridicule d’avoir peur ».

L’émotion est reconnue, mais elle ne devient pas une condamnation.

Un impact certain sur notre santé

Lorsque nous traversons une période de stress, notre organisme réagit. Le cœur accélère, la tension augmente, l’attention se focalise sur le problème et le corps se prépare à faire face à une menace.

Une petite dose de stress peut être utile. Mais lorsque l’auto-agression psychologique devient permanente, notamment sous la forme de ruminations et d’autocritique, elle peut entretenir un état de tension extrêmement destructeur.

C’est ici que l’autocompassion devient intéressante. Elle ne fait pas disparaître les difficultés de l’existence, mais elle peut modifier la manière dont nous y réagissons.

Cela change tout !

Harvard Health rapporte ainsi que les personnes présentant davantage d’autocompassion présentent généralement moins d’anxiété et de symptômes dépressifs[3]. L’organisme souligne également que l’autocompassion n’est pas nécessairement un trait de personnalité immuable : elle peut s’apprendre et se développer.

Une vaste méta-analyse publiée dans Health Psychology Review, regroupant 94 articles et près de 30 000 participants, a trouvé une association entre l’autocompassion et une amélioration de certains indicateurs de santé physique[4].

Sont évoqués notamment la qualité du sommeil et du système immunitaire mais aussi une tendance à avoir des comportements plus favorables à la santé.

Prenons l’exemple de l’alimentation. Après avoir mangé un dessert particulièrement riche, deux réactions sont possibles.

La première : « J’ai encore craqué. Je suis incapable de me contrôler. Puisque j’ai déjà tout gâché, autant continuer. »

La seconde : « J’avais envie de ce dessert et je l’ai apprécié. Ce n’était peut-être pas ce que j’avais prévu, mais ce n’est pas dramatique. Je reprendrai simplement une alimentation saine au prochain repas. »

La même logique vaut pour l’activité physique. Une séance manquée ne signifie pas que l’on est paresseux et par conséquent que le sport n’est pas fait pour nous.

Une nuit de mauvais sommeil ne signifie pas que l’on est condamné à devenir insomniaque.

En résumé, une journée difficile ne remet pas nécessairement en question toutes les bonnes habitudes acquises auparavant ou à venir.

L’autocompassion permet de reprendre le chemin en toute sérénité sans dramatiser de façon excessive.

Un exercice simple pour bien commencer

Voici peut-être l’un des exercices les plus simples pour commencer.

Lorsque quelque chose vous fait souffrir, demandez-vous :

« Qu’est-ce que je dirais à un ami très cher qui vivrait exactement la même situation ? »

Vous venez de perdre votre emploi ? Vous ne lui diriez probablement pas : « Tu es vraiment incapable. »

Vous avez pris du poids ? Vous ne lui diriez pas : « Tu n’as aucune volonté. »

Vous avez commis une erreur ? Vous ne lui conseilleriez pas de passer la nuit à se torturer mentalement.

Vous chercheriez plutôt à comprendre, à rassurer, à encourager.

Pourquoi cette bienveillance serait-elle réservée aux autres ?

Cela peut sembler artificiel au début. C’est normal. Nous avons parfois des décennies d’autocritique derrière nous. Il faut donc du temps pour apprendre à modifier cette voix intérieure.

Une autre méthode consiste à prendre une feuille de papier et à écrire une lettre à soi-même.

Pas une lettre pour se féliciter artificiellement. Une véritable lettre.

Décrivez ce qui s’est passé. Dites ce que vous avez ressenti. Reconnaissez votre déception, votre colère, votre peur ou votre tristesse.

Puis écrivez comme si vous vous adressiez à une personne que vous aimez profondément.

Que lui diriez-vous ?

« Tu as fait ce que tu pouvais avec les informations que tu avais à ce moment-là. »

« Tu as le droit d’être déçu. »

« Cette erreur ne définit pas qui tu es. »

« Tu peux apprendre de ce qui s’est passé. »

« Tu n’es pas le seul à connaître ce genre de difficulté. »

« Cette histoire n’est qu’une expérience parmi d’autres. »

L’objectif n’est pas de fabriquer de fausses pensées positives. Il s’agit de faire apparaître une parole intérieure plus équilibrée.

Autocompassion et hypnose, un lien particulier

L’autocompassion et l’hypnose ont un point commun essentiel : elles invitent toutes deux à prendre soin de soi, de son corps et de ses émotions.

Dans les deux cas, il ne s’agit pas de se forcer, de lutter ou de vouloir « réparer » quelque chose en soi à tout prix, mais plutôt d’adopter une posture d’accueil bienveillant envers ce que l’on traverse.

L’hypnose, en abaissant les résistances du mental, ouvre un espace où cette douceur envers soi-même devient plus accessible.

Elle aide à relâcher les tensions physiques, apaiser les ruminations, et retrouver un sentiment de calme profond, autant de bénéfices qui rejoignent directement ceux de l’autocompassion.

L’autocompassion peut se cultiver progressivement, pourvu que l’on souhaite se faire du bien !

C’est ce que je vous souhaite, chers amis.

Avez-vous des difficultés à vous pardonner vos erreurs ?

Prenez soin de vous.

0 0 votes
Évaluation de l'article

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que les éditions Nouvelle Page pourront l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

Avis de nos lecteurs

0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x