La consommation des compléments alimentaires est en hausse constante[1].
Vous n’allez pas me croire, mais en réalité je trouve cette tendance inquiétante.
Cela peut sembler paradoxal, car je vous parle souvent de compléments dans mes lettres… mais mon but n’a jamais été de vous pousser à la consommation.
Mon objectif est de vous informer le plus objectivement possible sur ce que vous pouvez attendre de tel ou tel produit… et surtout de vous donner les clés pour en faire bon usage.
Un complément est avant tout un…complément
Ce que je vous dis peut paraître évident car tout est dans l’intitulé : complément alimentaire.
Pourtant, il semblerait que les compléments soient parfois considérés comme LA solution miracle pour régler une problématique de santé.
C’est là que se situe le danger.
Multiplier la prise de compléments mal choisis peut se révéler au mieux sans effets (sauf sur votre porte-monnaie) et au pire déstabilisant pour votre organisme.
La priorité consiste encore et toujours à respecter les fondements d’une bonne santé.
Cela ne veut pas dire que les compléments sont inutiles. Ils peuvent même être de précieux alliés.
Il faut simplement bien les cibler et ne pas toujours céder aux effets de mode.
Les compléments à la gomme
Récemment, de nouveaux compléments alimentaires ont fait leur apparition : des gommes gélifiées.
Ils séduisent tout particulièrement les ados car ils se présentent comme des bonbons : ces gommes à mâcher, appelées gummies, ont une texture gélifiée, des couleurs alléchantes, des formes ludiques et des arômes fruités.
C’est bien plus attrayant que des compléments alimentaires sans goût à prendre avec de l’eau…
Selon le Syndicat national des compléments alimentaires (Synadiet), les ventes des gummies ont bondi de + 131 % en 2021, rien qu’en pharmacie ![2]
Le côté positif, c’est que cela incite à bien suivre les cures sur le long terme.
Le danger, c’est qu’une surconsommation peut entraîner un risque de surdosage en vitamines et oligoéléments.
Autre problème : ces gommes peuvent comporter une forte teneur en sucres ou en édulcorants.
De plus, aucune mention n’est faite sur la nécessité de prêter attention à d’éventuelles interactions avec des médicaments, alors que ces compléments ne sont pas anodins : ils peuvent générer des effets secondaires ou simplement ne pas convenir chez certaines personnes.
Personnellement, je trouve cette dérive dommageable, car elle contribue à entretenir l’idée que les compléments alimentaires sont faits pour tous et n’ont que peu d’impact sur notre santé.
Tour d’horizon des compléments utiles
Après ces mises en garde nécessaires, il n’en reste pas moins que les compléments alimentaires sont utiles, voire nécessaires dans certains cas.
Nous savons que l’industrialisation de l’agriculture, la transformation de nos aliments, ou encore le raffinage des céréales ont significativement réduit la teneur nutritionnelle de notre alimentation.
Une étude (parmi d’autres) alerte sur le fait que les fruits et légumes que nous consommons aujourd’hui sont en train de perdre toute valeur nutritive[3].
Il suffit de négliger la qualité et la variété de notre alimentation pour que certaines carences apparaissent.
À cela peut s’ajouter un mode de vie malsain qui contribue à épuiser nos réserves en nutriments.
Parmi les déficits les plus courants, on retrouve :
- Le magnésium : Il est souvent déficient chez les adultes actifs ou stressés. Une étude estime qu’environ 70% des Français manquent de magnésium[4].
- La vitamine D : 80 % de la population française est en déficit de vitamine D. Et plus grave encore : 50 % des personnes souffrent d’une véritable carence[5].
- Le fer : particulièrement chez les femmes avant la ménopause, les sportifs, les personnes végétariennes ou surmenées.
- Les oméga-3 : Les chiffres sont impressionnants, en particulier chez les jeunes adultes (18 – 34 ans). Ainsi, 78% des adultes consomment en excès les acides gras saturés (82% chez les 18-34 ans), alors que leurs déficiences en Oméga 3, 6 et 9 sont importantes[6].
- La choline : La choline est un précurseur de l’acétylcholine, un neurotransmetteur nécessaire pour le fonctionnement de la mémoire et le contrôle des muscles. 90 % de la population est en manque. Bien qu’elle ne soit pas une vitamine, on la trouve souvent dans les complexes de vitamines B en raison de ses similitudes avec cette classe de vitamines. Elle peut être en déficit chez les femmes enceintes, les sportifs, les femmes ménopausées.
- Le zinc : Plusieurs facteurs entravent l’absorption du zinc par notre organisme (les phytates présents dans les céréales et les légumineuses, une paroi intestinale poreuse, un régime végétarien, la consommation excessive de café, certaines pathologies comme le diabète etc.).
Sur le long terme, ces potentiels manques peuvent affecter notre vitalité, notre immunité ou encore notre équilibre nerveux.
Une supplémentation ciblée et adaptée est alors à envisager.
Mon avis sur deux compléments à la mode
- La berbérine
La berbérine, tirée de l’épine-vinette, permet de faire baisser de façon importante la glycémie (taux de sucre dans le sang), via une action bénéfique sur la flore intestinale et l’inflammation[7],[8].
Pour rappel, l’inflammation chronique et une flore intestinale déséquilibrée sont deux facteurs prépondérants dans l’apparition du diabète sucré.
Cela en fait un complément très prisé.
Son efficacité est à double tranchant : nous parlons d’une substance thérapeutique ayant une action directe sur certaines constantes métaboliques de l’organisme : la berbérine ne maintient pas la glycémie, mais elle la fait véritablement baisser. Il faut donc l’utiliser en connaissance de cause et avec un avis médical.
Ceci dit, si votre médecin vous donne le feu vert, la berbérine peut se révéler très intéressante en cas de diabète ou de prédiabète.
La dose recommandée habituellement dans le diabète de type 2 varie de 500 mg à 1 gramme par jour mais, là encore, seul votre médecin pourra prescrire la dose idéale pour vous.
Je m’arrête un instant sur une autre propriété de la berbérine moins connue : son utilité contre le Candida albicans.
Dans le cas d’une candidose vulvo-vaginale par exemple, une maladie inflammatoire causée principalement par Candida albicans, la berbérine inhibe de manière significative son adhésion aux cellules épithéliales vaginales[9].
- Le collagène
On le trouve maintenant sous toutes les formes : en poudre, en comprimé, liquide, dans une multitude de compléments pour ongles et cheveux, dans des crèmes, des gels, etc.
Alors faut-il céder à la mode de ce complément ?
Le collagène est une protéine essentielle : il structure nos os, tendons, ligaments, muscles, vaisseaux sanguins et bien sûr, notre peau. Mais sa production chute nettement à l’âge adulte, d’où l’idée de se complémenter.
Attention toutefois aux promesses trop belles pour être vraies. Une fois ingéré, le collagène est simplement digéré comme n’importe quelle protéine, puis transformé en acides aminés.
Ces derniers peuvent aider le corps à fabriquer de nouvelles protéines… mais pas spécifiquement du collagène.
Autrement dit, il ne va ni « combler les rides » ni « réparer le cartilage » comme certains laboratoires le suggèrent.
C’est un soutien possible, pas une solution miracle. D’ailleurs, les études sur ses bénéfices restent mitigées.
Pour avoir les détails, je vous invite à consulter ce lien : https://presse.inserm.fr/canal-detox/le-collagene-pour-soulager-les-douleurs-vraiment/
Pour résumer, je dirais que certains compléments sont véritablement utiles à condition de les considérer comme tels et non comme des traitements.
Et méfiance vis-à-vis des promesses trop spectaculaires pour être vraies !
Prenez-vous des compléments ?
L’effet de mode a-t-il une influence sur vos choix ?

