La douleur part de la nuque, descend dans l’épaule, irradie dans le bras, parfois jusqu’aux doigts… La névralgie cervico-brachiale est souvent comparée à une sciatique du cou.
On l’évoque moins souvent que les douleurs lombaires, alors qu’elle est tout aussi invalidante.
Parfois très intense, elle peut perturber profondément le quotidien : conduire, travailler sur ordinateur, lire, dormir ou même simplement tourner la tête deviennent des épreuves.
Si les traitements médicaux classiques existent, avec tous leurs lots d’effets secondaires, de nombreuses solutions naturelles peuvent accompagner efficacement la récupération, diminuer l’inflammation et prévenir les récidives.
Faisons le point.
Qu’est-ce qu’une névralgie cervico-brachiale ?
La névralgie cervico-brachiale n’est pas qu’une douleur mécanique. C’est une inflammation nerveuse.
Et c’est précisément en comprenant cette dimension inflammatoire que l’on peut traiter la cause en profondeur… et non pas seulement le symptôme.
La névralgie cervico-brachiale correspond à la compression ou à l’irritation d’une racine nerveuse au niveau des vertèbres cervicales, le plus souvent entre les vertèbres C5, C6 ou C7.
Cette racine émerge de la moelle épinière et chemine vers l’épaule, le bras et la main.
Lorsqu’un disque intervertébral se déforme (hernie), que l’arthrose réduit l’espace intervertébral ou qu’une tension musculaire chronique comprime la zone, le nerf se retrouve à l’étroit.
La pression augmente et la douleur apparaît.
Elle est généralement unilatérale et peut s’accompagner de :
- fourmillements,
- engourdissements,
- sensations de décharges électriques,
- perte de force dans la main ou le bras,
- sensation de lourdeur dans l’omoplate.
Beaucoup de personnes souffrant de névralgie cervico-brachiale passent des nuits difficiles, incapables de trouver une position qui soulage la douleur, souvent plus intense que le jour.
En position allongée, le retour veineux vers le haut du corps augmente légèrement la pression autour du nerf déjà inflammé, ce qui accentue la douleur.
De plus, la production de cortisol, notre anti-inflammatoire naturel, diminue la nuit, rendant l’organisme temporairement plus sensible à l’inflammation[1].
Pourquoi moi ?
Bonne question !
Plusieurs facteurs favorisent grandement la survenue d’une névralgie cervico-brachiale :
- La hernie discale cervicale
- L’arthrose cervicale
- Les tensions musculaires chroniques
- Une mauvaise posture prolongée
- Un traumatisme
- Une faiblesse des muscles profonds du cou
- Une déshydratation des disques
- Plus rarement une tumeur
Soyons clairs : la névralgie cervico-brachiale est souvent liée à une mauvaise posture et à des tensions chroniques dans le cou et les trapèzes.
Or, nous sommes de plus en plus nombreux à travailler assis devant un ordinateur, avec un poste de travail mal adapté.
Avec le temps, ces micro-contraintes s’accumulent. Notre tête pèse entre 4 et 5 kilos, mais penchée vers l’avant devant un écran, la pression sur les cervicales peut être multipliée par cinq.
La première chose à faire, que vous souffriez ou non de ce problème, est d’adopter les bons réflexes :
- Travaillez avec votre écran à hauteur d’yeux
- En position assise, maintenez votre dos droit, épaules relâchées
- Faites une pause toutes les heures : marchez un peu, étirez-vous, massez-vous le cou et faites quelques inclinaisons latérales et d’avant en arrière (allez-y doucement, ne forcez jamais)
- Si possible, investissez dans un fauteuil ergonomique
En dehors du travail, que ce soit pendant la conduite, lorsque vous lisez ou regardez la télévision, à chacune de vos activités quotidiennes, n’hésitez pas à corriger votre posture, pour éviter que le rachis cervical ne subisse le moindre point de pression ou la moindre courbure inadaptée.
Quelques solutions naturelles pour soulager la douleur
Plusieurs approches naturelles peuvent être combinées pour soulager ou prévenir les névralgies.
Il s’agit d’abord de bouger intelligemment.
L’immobilité est le principal ennemi de toute les pathologies dorsales.
La solution ? Elle est très simple : marchez ! Essayez de faire entre 6000 et 10 000 pas par jour au minimum.
Pensez aussi aux disciplines comme le yoga, le Qi Gong, le Tai-chi, le stretching, le Pilates, la natation, qui ont la particularité de ne pas être traumatisants pour les articulations et qui mettent le corps en mouvement.
L’application de chaleur est également un outil précieux pour soulager la douleur en période de crise.
Elle aide à détendre les muscles et à améliorer la circulation locale.
Une bouillotte sous la nuque associée à une respiration profonde (abdominale)… et vous m’en direz des nouvelles !
Vous pouvez aussi vous procurer un coussin chauffant. En forme de U, il se positionne sur les cervicales et les épaules.
Gros avantage : il peut vous soulager en journée, lorsque vous êtes assis sur une chaise ou votre canapé.
L’ostéopathie et l’acupuncture peuvent également apporter un soulagement en travaillant sur les déséquilibres mécaniques et énergétiques.
Dormir en position semi-assise peut diminuer les douleurs nocturnes : pour cela, calez de gros oreillers derrière le dos, ou investissez dans un lit articulé dont la partie haute peut se remonter.
Veillez aussi à choisir un oreiller ergonomique à mémoire de forme pour bien soutenir votre nuque sans créer de point de pression.
En cas de tension nerveuse ou de stress important, pensez aux plantes relaxantes comme la valériane, la mélisse, la passiflore, la camomille.
Une infusion trois fois par jour favorise la détente musculaire et un meilleur sommeil.
Traiter l’inflammation, une priorité
Plus vous lutterez contre l’inflammation et moins les nerfs qui vous causent tant de soucis seront comprimés.
Pour cela, la médecine douce dispose de tout un arsenal très efficace.
Tout d’abord le curcuma, qui est riche en curcumine, un puissant anti-inflammatoire[2] : comptez 500 à 1000 mg par jour, ou 150 à 300 mg pour les formes hautement biodisponibles[3].
Vous pouvez l’associer au gingembre, lui aussi très anti-inflammatoire[4] : trois tasses d’infusion par jour, et de temps en temps un massage de la nuque et des trapèzes avec 8 gouttes d’huile essentielle diluées dans une cuillère à café d’huile végétale.
Trois compléments peuvent aussi vous aider :
- Les oméga-3 (poissons gras, huile de lin, graines de chanvre, huile de krill), utiles contre les douleurs et les raideurs.
- Le fruit du baobab en poudre, aux propriétés anti-inflammatoires intéressantes contre les douleurs, les raideurs et les gonflements[5].
- Le magnésium, qui agit comme décontractant musculaire naturel et favorise aussi le sommeil.
Et enfin, dernier conseil mais pas le moins important : pensez à bien vous hydrater !
Quelques réflexions plus personnelles
La névralgie cervico-brachiale ne se résume pas à la compression d’un nerf.
C’est souvent un signal.
Un signal mécanique, bien sûr, mais aussi un signal émotionnel, car le cou est un carrefour symbolique puissant : il relie la tête, siège de la pensée, au reste du corps ancré dans l’action.
Quand ce pont se fissure, que faut-il comprendre ?
D’un point de vue symbolique, la symptomatique du cou représente :
- la souplesse face aux événements,
- le poids que l’on porte (à raison ou non),
- la transition entre réflexion et passage à l’action.
La personne qui développe une névralgie cervico-brachiale est souvent :
- très impliquée,
- responsable,
- perfectionniste,
- mentalement sollicitée,
- peu à l’écoute de ses propres limites.
Et si l’une des solutions était de relâcher un peu le mental ?
Les questions à se poser ne seraient-elles pas : « pourquoi ai-je du mal à déléguer ? », « est-ce que je porte des responsabilités excessives ? », « d’où vient ce besoin tout contrôler ? », « suis-je capable de changer de perspective ? ».
Que pensez-vous de la dimension symbolique des névralgies ? Avez-vous des solutions supplémentaires à proposer à la communauté ? Répondez-moi en commentaire.
N’oubliez pas : le corps et le mental ne fonctionnent pas séparément. Ils dialoguent en permanence.
C’est en combinant correction posturale, stratégie anti-inflammatoire, activité physique adaptée et gestion du mental que l’on peut lutter efficacement contre la névralgie cervico-brachiale.
La clé n’est pas de faire taire la douleur. La clé est de comprendre pourquoi elle est apparue et de permettre au corps de retrouver son équilibre naturel.

