Quand le mercure s’invite dans votre boîte de thon - Nouvelle Page Santé

Quand le mercure s’invite dans votre boîte de thon

Trois boîtes, et vous êtes en danger.

C’est la conclusion de la grande étude de l’ONG Bloom sur les quantités de mercure dans le thon en boîte en Europe.[1]

57% des boîtes, toutes marques confondues, présenteraient des taux jusqu’à 13 fois supérieurs à la limite autorisée.

Et 100% seraient contaminées au mercure ! Un métal qui, même à faible dose, a un impact gravissime sur la santé, et en particulier sur le développement cérébral.

Les Français consomment en moyenne 5 kg de thon par personne par an. Autrement dit, la quantité de mercure ingérée est astronomique !

Retour sur les dessous d’un scandale alimentaire dont l’Union européenne est complice.

L’industrie thonière, un lobby à 40 milliards

La pêche au thon est la pêche la plus lucrative au monde : 40 milliards de dollars par an.

Et l’Union européenne est un acteur majeur de cette industrie.

39 des 50 plus grands navires thoniers au monde appartiennent à des entreprises européennes, responsables de 20 % des captures mondiales de thon.

Et ce poisson, qui est aussi le plus consommé en Europe, représente en moyenne 5 kilos par an et par personne dans nos assiettes, principalement sous forme de conserves.

Pour maximiser les profits de cette pêche, certains producteurs abaisseraient les standards de sécurité et laisseraient davantage de mercure finir dans nos assiettes.

Un taux de mercure autorisé qui dépend du bon vouloir des producteurs

BLOOM révèle que 100 % des 148 boîtes de thon testées dans cinq pays européens sont contaminées au mercure.

Plus encore, 57 % des échantillons dépassent la limite stricte de 0,3 mg/kg, définie pour les poissons les moins contaminés.

Le problème ? Les teneurs maximales en mercure ne sont pas fixées en fonction des risques pour la santé. Elles sont calculées selon une méthode nommée ALARA (« as low as reasonably achievable »), c’est-à-dire « aussi bas que raisonnablement atteignable ».

Traduction : les seuils sont adaptés à la contamination réelle des espèces pour éviter de limiter leur commercialisation.

Ainsi, les poissons les plus contaminés, comme le thon, bénéficient de seuils trois fois plus élevés que ceux des poissons moins contaminés, comme le cabillaud ou les sardines.

La limite pour le thon est fixée à 1 mg/kg, contre 0,3 mg/kg pour d’autres espèces (comme le cabillaud). Pourtant, le mercure reste tout aussi toxique, quel que soit le poisson qui le contient.

Contrairement à ce que les normes laissent croire, aucune étude intégrant les conséquences sur la santé des adultes et des enfants n’est utilisée pour définir ces limites.

La priorité n’est pas de protéger les consommateurs, mais de maximiser les volumes vendus. Cette logique de rentabilité expose des millions de personnes à des niveaux de contamination qui auraient dû être inacceptables.

Et derrière ce scandale, une division secrète de l’Union européenne entourée de mystères et de silence…

Au coeur du scandale, une division secrète de l’Union européenne

BLOOM révèle que plusieurs membres du JECFA, le comité FAO-OMS chargé de garantir la sécurité alimentaire, sont impliqués dans des conflits d’intérêts flagrants. Ces experts, censés défendre l’intérêt public, participent à des décisions favorisant les industriels.

Le Codex Alimentarius, créé en 1963 pour fixer des normes internationales, est également sous influence. Le Comité du Codex sur les Additifs Alimentaires et les Contaminants (CCCF), chargé de surveiller les niveaux de contaminants alimentaires, est dirigé par les Pays-Bas, un acteur majeur de la pêche industrielle.

Les géants thoniers y siègent régulièrement parmi les délégations nationales, tandis que les ONG sont tenues à distance.

Au niveau européen, c’est le SCoPAFF (Standing Committee on Plants, Animals, Food and Feed) qui est au centre du scandale.

Ce comité méconnu, composé de représentants des États membres, a pour mission de fixer les seuils maximaux de contaminants, comme le mercure dans le thon. Mais son fonctionnement est marqué par une opacité totale :

L’identité des membres est gardée secrète.

Les votes et discussions internes ne sont jamais rendus publics.

Même en cas de demande officielle de transparence, les procès-verbaux et documents de référence restent inaccessibles.
Le Parlement européen, pourtant censé superviser ces décisions, est lui aussi écarté des discussions. Depuis des années, il tente en vain de regagner du contrôle sur ce processus opaque.

L’Union européenne serait complice d’un scandale alimentaire à grande échelle.

Car le mercure est l’une des substances les plus néfastes pour l’être humain. Mais le pire, c’est que dans le thon en boîte, vous le trouverez sous sa variante la plus toxique.

Un poison qui a décimé un village entier au Japon

Principalement libéré par les activités humaines telles que l’exploitation minière et la combustion de charbon, il se retrouve en grande quantité dans nos océans. Là, il se transforme en méthylmercure, sa forme la plus dangereuse, qui s’accumule dans les poissons.

Le méthylmercure est 100 fois plus toxique que le mercure élémentaire. Sa dangerosité provient de sa capacité à traverser les membranes biologiques, comme celles du cerveau et du placenta, ce qui amplifie son impact sur les systèmes nerveux.

Ce composé s’accumule également plus facilement dans les organismes vivants, rendant sa bioaccumulation particulièrement problématique pour les poissons prédateurs et, par extension, pour les humains qui les consomment.

Une exposition prolongée, même à faible dose, peut entraîner des dommages irréversibles.

Dans les années 1950, la ville japonaise de Minamata a été le théâtre d’une catastrophe sanitaire majeure.

Des milliers d’habitants ont été empoisonnés au méthylmercure, rejeté dans la baie par une usine chimique.

Les symptômes étaient terrifiants : paralysie, troubles mentaux, malformations congénitales. Ce drame, connu sous le nom de « maladie de Minamata », aurait dû servir de leçon.

Pourtant, des décennies plus tard, le mercure continue de contaminer nos aliments, et les autorités ferment les yeux.

Le thon n’aurait jamais dû être un aliment de base !

Le plus simple pour éviter de tomber malade à cause du thon en boîte serait de ne plus en manger.

Ce n’est pas un aliment indispensable à notre alimentation et encore moins à notre santé.

Il devrait redevenir un produit de luxe, consommé frais à de rares occasions.

Et dans tous les cas, il faudrait que :

Les distributeurs cessent la commercialisation des thons dépassant 0,3 mg/kg de mercure, la norme la plus protectrice. Toute promotion de ce poisson doit également être stoppée, et les consommateurs doivent être informés des risques par des campagnes claires et accessibles.

L’État français active une clause de sauvegarde européenne pour interdire les thons excédant ce seuil sur le territoire national.

Le règlement 915/2023, qui fixe les teneurs maximales de mercure, soit mis à jour pour aligner toutes les normes sur 0,3 mg/kg, comme pour d’autres espèces marines.

Les décisions des comités techniques, comme le SCoPAFF, soient prises dans un cadre démocratique et transparent. Cela inclut la publication des débats, des votes et des identités des membres impliqués.
Et vous vous en doutez, les réactions des principaux concernés a été de nier en bloc et de rappeler que les taux de mercure étaient dans les “limites légales”.

Or, comme je viens de vous le montrer, ces limites seraient influencées par des conflits d’intérêt…

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