Comprendre la migraine pour mieux la soigner - Nouvelle Page Santé

Comprendre la migraine pour mieux la soigner

headache

Un peu partout dans le monde, on observe la même tendance : nous sommes de plus en plus nombreux à souffrir de migraine et les symptômes deviennent de plus en plus intenses[1][2].

Longtemps reléguée au rang de simple désagrément, la migraine est en réalité un mal que nous avons tout intérêt à prendre au sérieux pour de multiples raisons, aussi bien sociétales, économiques environnementales, que médicales.

Bien plus qu’un simple mal de tête

Il est important de distinguer migraine et céphalée (le mal de tête banal).

Si toute migraine est un mal de tête, l’inverse est faux.

La migraine est une pathologie neurologique, dont les caractéristiques sont très spécifiques.

Dans 80 % des cas, la migraine est dite sans aura. Elle se manifeste par la répétition d’au moins cinq crises durant 4 à 72 heures en l’absence de traitement.

La douleur est la plupart du temps :

  • unilatérale,
  • pulsatile,
  • d’intensité modérée à sévère,
  • aggravée par l’activité physique, au point d’en imposer l’évitement.

Elle s’accompagne parfois de nausées, de vomissements, et d’une hyperesthésie sensorielle : d’intolérance au bruit (phonophobie), à la lumière (photophobie), voire aux odeurs (osmophobie).

Les 20 % de crises restants sont précédées de ce qu’on appelle une aura.

Ce sont en fait des symptômes neurologiques transitoires — le plus souvent visuels — durant moins de 60 minutes.

J’en souffre moi-même, alors je peux parfaitement vous décrire comment cela se manifeste.

Pour ma part, tout commence avec l’apparition d’un point lumineux dans mon champ de vision.

Ce point grandit petit à petit, prend des formes plus ou moins géométriques et se met à clignoter.

Je dois avouer que j’ai un peu paniqué la première fois que cela m’est arrivé !

Aujourd’hui, je sais que cela va durer quelques minutes et qu’il me faut m’allonger au calme dans le noir et me détendre.

Une fois ces « hallucinations » visuelles terminées, c’est un mal de tête intense qui vient prendre le relais.

Lorsque les crises surviennent à répétition, cela s’explique essentiellement par un terrain génétique : on sait qu’une quarantaine de gènes sont impliqués.

Cette vulnérabilité rend le cerveau migraineux particulièrement sensible aux facteurs déclenchants, comme :

  • des variations émotionnelles,
  • une modification du sommeil,
  • un effort physique inhabituel,
  • des fluctuations hormonales (chute des œstrogènes lors des menstruations),
  • des facteurs alimentaires.

Une facture colossale

La migraine touche 15 % de la population mondiale.

Elle est considérée comme étant la deuxième cause de handicap dans le monde après la lombalgie.

En effet, 83% des personnes touchées déclarent que les migraines entraînent des troubles du sommeil et chez 48% de l’anxiété.

82% se disent impactés dans leur vie professionnelle et 93% dans leur vie familiale ![3]

Parce qu’elle touche principalement les actifs, la migraine pèse lourd sur la productivité et a un coût estimé à 111 milliards d’euros par an, soit l’équivalent de toute la richesse produit par la Bulgarie ![4]

Un montant impressionnant pour une maladie trop souvent réduite à un « simple mal de tête ».

On comprend que cette augmentation des cas de migraine commence à inquiéter.

Au-delà de l’absentéisme légitime que cela engendre, le fait de travailler en étant diminué représente une perte de productivité encore plus importante.

Mais laissons l’économie aux économistes et parlons plutôt santé, sujet qui m’intéresse bien davantage.

Climat et migraine : un lien désormais établi

Cela a de quoi surprendre, je vous l’accorde.

Pourtant, un nouvel acteur s’impose aujourd’hui dans l’équation migraineuse : le changement climatique.

Selon de nombreux chercheurs, le changement climatique semble contribuer à « des crises plus fréquentes et plus sévères[5]. »

En cause : l’augmentation des températures, les variations thermiques brutales, la dégradation de la qualité de l’air et les fluctuations de pression atmosphérique.

Chaleur et humidité favorisent la dilatation des vaisseaux cérébraux, stimulent le nerf trijumeau et entraînent la libération de substances inflammatoires centrales dans le déclenchement des crises de migraine.

À cela s’ajoutent le stress oxydatif et le stress psychologique lié aux événements climatiques extrêmes, à notre environnement pollué et aux vicissitudes de notre monde, qui concourent à créer une atmosphère générale particulièrement anxiogène.

Résultat : un seuil de déclenchement abaissé, des crises plus longues et plus intenses.

Et les ondes, on en parle ?

Avec la montée des technologies sans fil (4G, 5G, Wi-Fi, etc.) et l’omniprésence des ondes électromagnétiques (EMF) dans notre environnement, beaucoup se demandent si ces signaux pourraient contribuer à l’explosion des cas de migraines.

J’ai moi-même un avis très tranché sur la question : à mon sens, cela ne fait aucun doute. Je suis prêt à parier qu’un jour nous connaîtrons les véritables ravages de ces ondes sur notre santé et sur nos comportements pour le moins… erratiques, pour ne pas dire complètement fous.

C’est un vaste débat sur lequel je reviendrai volontiers un jour ou l’autre.

Pour le moment, la question reste complexe, d’ailleurs la science actuelle se montre particulièrement frileuse à ce sujet.

Malgré tout, une méta-analyse de 33 études observationnelles a bien voulu admettre que l’exposition aux ondes électromagnétiques émises par les téléphones mobiles était associée à une augmentation du risque de maux de tête[6].

L’exposition aux ondes pourrait modifier le flux sanguin local, l’activité électrique cérébrale, le métabolisme énergétique ou la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique, ce qui pourrait, en principe, favoriser un seuil de déclenchement de crise.

Une autre étude de cohorte chez des patients migraineux a montré que le nombre et la sévérité des crises étaient corrélés à l’usage accru du mobile et du Wi-Fi, renforçant l’idée qu’un usage intensif de ces technologies pourrait influencer les symptômes[7].

Mais ces résultats ne sont pas universels et sont encore débattus.

« Vous êtes sérieux ? » : le poids de la stigmatisation

La migraine souffre d’un déficit criant de reconnaissance.

La stigmatisation décourage les patients à revendiquer une meilleure prise en charge, tandis que la recherche reste dramatiquement sous-financée.

Cette négligence est nourrie par des clichés anciens telle que la blague sexiste : « Pas ce soir chéri, j’ai la migraine » et par des réalités plus cyniques : on ne meurt pas de migraine, elle ne se voit pas, ne se guérit pas, et repose sur la parole du patient… alors pourquoi s’en préoccuper ?

Si vous êtes en quête de conseils, permettez-moi de vous en donner quelques-uns :

  • Évitez l’exposition aux températures extrêmes ;
  • Buvez davantage d’eau ;
  • Aménagez votre environnement : stores pour éviter la lumière trop vive, ventilation pour évacuer les molécules toxiques de vos intérieurs ;
  • Apprenez à mieux gérer le stress avec du sport, un groupe de parole …
  • Pensez à l’huile essentielle de menthe poivrée. Des études ont montré un bénéfice équivalent à celui de la lidocaïne contre la migraine[8]. Appliquez, par un massage circulaire, cette HE mélangée avec un peu d’huile d’amande douce, au niveau des tempes et de la nuque ;
  • Consommez de la caféine au début d’un épisode migraineux : c’est assez efficace pour diminuer l’intensité et la durée de la douleur migraineuse[9]. En revanche, une consommation importante et régulière de caféine est déconseillée si vous êtes migraineux ;
  • Il existe au niveau de la main un point de pression relié au cerveau qui, une fois massé, soulage les douleurs liées à la migraine. Pour le tester, massez-vous au niveau du muscle situé entre le pouce et l’index. Le massage doit se faire de manière circulaire et sur la main correspondant au côté de la tête où vous ressentez la douleur ;
  • Contactez la Voix des migraineux, une association de santé de patients récemment reconnue d’intérêt général[10]. Vous y trouverez de nombreux conseils et une écoute.

La migraine est une maladie neurologique majeure, aggravée par notre environnement et trop longtemps sous-estimée.

La reconnaître pleinement, c’est commencer à mieux la combattre.

Avez-vous des conseils à partager pour soulager les migraines ?

3.7 3 votes
Évaluation de l'article

Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que les éditions Nouvelle Page pourront l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Avis de nos lecteurs

0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x