Comment atteindre un état hypnotique ? - Nouvelle Page Santé

Comment atteindre un état hypnotique ?

Je vous ai récemment parlé de l’hypnose, son histoire et son intérêt thérapeutique. Mais comment fonctionne-t-elle ?

Grâce aux progrès considérables réalisés ces dernières décennies en matière d’imagerie médicale, les chercheurs commencent à mieux comprendre ce qui se passe réellement dans le cerveau lorsqu’une personne entre en état d’hypnose.

Les résultats sont de plus en plus clairs : ce n’est pas un sommeil artificiel ni une perte de contrôle, mais un état particulier de conscience dans lequel le cerveau fonctionne différemment.

Le voile est levé

Les chercheurs ont notamment constaté :

  • une modification de l’activité des zones liées à l’attention ;
  • une diminution de l’activité dans les régions associées au contrôle ;
  • des changements dans les circuits impliqués dans la perception de la douleur ;
  • une modification de la communication entre différentes régions cérébrales.

Des équipes de recherche, notamment celle de l’Université Stanford1, ont observé que certaines zones du cerveau communiquent différemment sous hypnose.

Une augmentation de certaines ondes cérébrales, associées à la relaxation profonde, à l’imagerie mentale et à l’introspection, a également été mise en avant.

Cela leur a permis de conclure que l’hypnose correspond à un état neurobiologique particulier et observable.

Un état particulier certes, mais tout à fait naturel donc.

Pas de magie ou de pouvoirs particuliers pour expliquer ce qui restait de mystère.

En fait, nous vivons tous des épisodes hypnotiques tous les jours sans nous en rendre compte.

Qui ne s’est jamais retrouvé totalement absorbé par un film au point d’oublier ce qui se passe autour de lui ? Ou plongé dans un livre sans entendre quelqu’un lui parler ?

Il nous arrive aussi, après une journée fatigante, de nous asseoir quelques minutes… puis de réaliser qu’une demi-heure vient de passer.

Dans ces moments-là, notre attention se tourne vers notre monde intérieur. Nous sommes à la frontière entre l’éveil et le rêve, dans un état proche de celui recherché en hypnose.

Une découverte fondamentale

La compréhension moderne de l’hypnose est étroitement liée à la découverte des ondes cérébrales.

Remontons quelques années en arrière.
Au début du XXe siècle, le psychiatre allemand Hans Berger met au point un appareil capable d’enregistrer l’activité électrique du cerveau : l’électroencéphalogramme, ou EEG.

En 1924, il réalise les premiers enregistrements des rythmes cérébraux humains.

C’est une véritable révolution !

Berger observe que notre cerveau produit en permanence des impulsions électriques qui varient selon notre état de vigilance, de repos ou de sommeil.

Ces échanges créent des rythmes appelés « ondes cérébrales », mesurées en Hertz (Hz).
Plusieurs catégories d’ondes cérébrales sont alors identifiées :

  • Les ondes bêta :

Elles dominent lorsque nous sommes éveillés, concentrés, en train de réfléchir ou d’agir.
Le cerveau fonctionne alors à une fréquence comprise approximativement entre 15 et 30 Hz.

Cet état est indispensable dans la vie quotidienne : travail, analyse, prise de décision, vigilance…

Mais lorsqu’il devient excessif, il peut favoriser le stress, la surcharge mentale et l’anxiété.

  • Les ondes alpha :

Lorsque le corps se relâche et que le mental ralentit, le cerveau entre progressivement en ondes alpha.

Ces fréquences varient entre 7 et 14 Hz.

Elles favorisent la relaxation, la concentration, la créativité, une sensation de calme intérieur.

C’est souvent dans cette phase que débute l’état hypnotique.

  • Les ondes thêta :

Comprises entre 4 et 8 Hz, elles correspondent au sommeil léger, aux rêves, à l’imagination profonde et aux états d’hypnose plus avancés.

Nous passons naturellement par cet état plusieurs fois par jour : juste avant de nous endormir, au réveil ou lorsque notre esprit « décroche » momentanément.

Sous hypnose, le cerveau augmente progressivement son activité en ondes thêta. Cet état favorise entre autres l’accès aux souvenirs, l’imagerie mentale, l’intuition, les processus inconscients.

Dans cet état, nous restons conscients, mais notre attention est davantage tournée vers notre univers intérieur.

  • Les ondes delta

Les ondes delta sont les plus lentes du cerveau : elles sont inférieures à 4 Hz.

Elles apparaissent durant le sommeil profond, lorsque le cerveau et le corps récupèrent intensément.

Cette phase joue un rôle essentiel dans la régénération physique, le système immunitaire et la mémorisation.

L’hypnose : un dialogue intérieur profond

Contrairement aux idées reçues, l’hypnose ne consiste pas à perdre le contrôle.

Au contraire, elle permet souvent de mieux mobiliser ses ressources internes.

En ralentissant certaines activités mentales et en favorisant les ondes alpha et thêta, le cerveau devient plus réceptif aux suggestions positives, à l’apprentissage et au changement.

L’autohypnose repose sur le même principe. Elle consiste à utiliser volontairement cet état naturel afin de renforcer certaines capacités, développer ses ressources ou installer de nouveaux comportements.

Cet état de conscience modifié donne accès à des zones du cerveau différentes de celles qui sont mobilisées d’habitude.

Ainsi, l’hypnose agit principalement en facilitant l’accès à l’inconscient.

Ce concept a été largement développé par Sigmund Freud, qui s’est d’ailleurs intéressé à l’hypnose au début de ses recherches.

Selon lui, une grande partie de nos comportements, émotions et automatismes est influencée par des mécanismes inconscients.

Le conscient nous permet de réfléchir, analyser et prendre des décisions. Mais ses capacités restent limitées : il ne peut traiter qu’un nombre réduit d’informations simultanément.

L’inconscient, lui, enregistre continuellement nos expériences, nos émotions et nos apprentissages depuis l’enfance.

Il influence de nombreux comportements automatiques2.

L’hypnose et l’auto-hypnose permettent justement de communiquer plus facilement avec cette partie profonde de nous-mêmes afin de :

  • modifier certaines habitudes ;
  • diminuer le stress ;
  • améliorer la confiance en soi ;
  • dépasser certains blocages émotionnels ;
  • renforcer des capacités positives.

Comme l’expliquait Richard Bandler, cofondateur de la PNL : Notre inconscient est souvent prêt à tout faire si on lui montre exactement ce que l’on désire, dans un langage qu’il peut comprendre.

Cela ouvre de formidables perspectives dans bien des domaines et en premier lieu dans celui de la santé !

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Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que les éditions Nouvelle Page pourront l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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