Acupression : le pouvoir de la guérison au bout des doigts - Nouvelle Page Santé

Acupression : le pouvoir de la guérison au bout des doigts

Et si quelques pressions bien placées pouvaient aider à calmer une douleur, apaiser le stress ou favoriser l’endormissement ?

Pour avoir testé différentes techniques, je peux assurer aux plus sceptiques d’entre vous que ça fonctionne !

Il suffit parfois d’un geste étonnamment simple : poser le pouce sur un point précis du corps, exercer une pression pendant quelques secondes, relâcher, puis recommencer.

Cette technique porte un nom : l’acupression, également appelée digitopression.

Elle est issue de la médecine traditionnelle chinoise et repose essentiellement sur la stimulation des méridiens.

Là où l’acupuncture utilise des aiguilles, l’acupression utilise la pression des doigts.

Et bonne nouvelle pour les phobiques des aiguilles : les résultats sont tout aussi spectaculaires !

Un principe bien connu

L’acupression appartient à la grande famille des techniques issues de la médecine traditionnelle chinoise.

Le corps serait parcouru par des méridiens dans lesquels circule le Qi (l’énergie vitale).

Certains points situés sur ces trajets bien définis seraient particulièrement importants et pourraient être stimulés afin de rétablir un équilibre perturbé.

Au-delà ce que nous dit la tradition chinoise, tout kinésithérapeute vous dira que, scientifiquement, lorsque l’on appuie sur certains points, on active une multitude de récepteurs sensoriels.

L’information est transmise par les nerfs périphériques vers la moelle épinière puis vers le cerveau. Autrement dit, une pression exercée avec le doigt constitue bien un véritable signal physiologique.

C’est ce qui rend la technique de l’acupression particulièrement intéressante : elle est à la fois énergétique et physiologique.

Nadia Volf, une femme entre deux mondes

Parmi les personnalités qui ont largement contribué à faire connaître l’acupuncture et l’acupression en France figure Nadia Volf.

Son histoire commence de façon intéressante.

C’est à 13 ans, dans sa Russie natale, que Nadia découvre dans un premier temps et de façon très concrète les effets incroyables de l’acupuncture.

En effet, son père, qui est atteint d’une forme sévère d’asthme, semble être un cas absolument désespéré.

En désespoir de cause, la famille fait alors appel à une acupunctrice locale : en une séance, la crise d’asthme est calmée et au bout de quelques jours, l’asthme disparaît purement et simplement !

Pour Nadia, c’est la révélation.

Devenue médecin, elle a consacré une grande partie de son travail à l’étude et à la transmission de l’acupuncture et de l’acupression, et est l’auteure de nombreux ouvrages consacrés à ces pratiques[1],[2].

Exilée en France en 1990, elle exerce aujourd’hui en cabinet et enseigne son art en tant que Professeure à Paris-Saclay et Harvard.

Son parcours est particulièrement intéressant parce qu’il se situe précisément à la frontière entre la tradition chinoise et la médecine occidentale.

Cette dimension universitaire illustre une évolution intéressante : plutôt que d’opposer systématiquement médecine conventionnelle et pratiques traditionnelles, certains chercheurs et médecins cherchent à concilier les deux pour le bien de leurs patients.

À méditer.

Acupression et douleur

L’acupression utilise, d’une certaine manière, la capacité du système nerveux à moduler les informations sensorielles.

En effet, la douleur n’est pas simplement un message envoyé par une partie du corps jusqu’au cerveau.

C’est un phénomène beaucoup plus complexe, qui dépend de l’intensité du signal provenant des tissus, mais aussi de l’attention, des émotions, du contexte et de la manière dont le système nerveux traite cette information.

En un mot : confronté à un même type de douleur (un mal de tête par exemple), chacun aura un ressenti différent.

Le pouvoir de l’acupression repose en partie sur le fait qu’une stimulation tactile peut modifier la transmission des signaux douloureux.

L’acupression a fait l’objet de plusieurs études scientifiques, incluant des essais cliniques randomisés[3],[4],[5].

Les indications les plus fréquemment documentées sont les douleurs chroniques (lombalgies, migraines, douleurs menstruelles).

Plusieurs hypothèses biologiques ont été avancées pour expliquer ces effets positifs :

  • Une activation des fibres nerveuses cutanées qui favoriserait la libération de substances analgésiques, comme les endorphines.
  • Une modulation du système nerveux autonome, influençant la fréquence cardiaque, la détente musculaire ou la réponse au stress.
  • Un effet contextuel et relationnel, lié à l’attention portée au corps, à la posture, et à la relation thérapeutique.

L’acupression active également la circulation sanguine et lymphatique, procurant aux muscles et aux organes un apport supplémentaire en oxygène, eau et nutriments.

Des résultats intéressants contre l’anxiété, l’insomnie et les problèmes digestifs

L’une des indications préférentielles de l’acupression est l’anxiété, et il n’est pas difficile d’imaginer pourquoi[6],[7].

S’asseoir, ralentir sa respiration, porter son attention sur une sensation corporelle, exercer une pression régulière et prendre quelques minutes pour soi constituent déjà un changement radical par rapport au fonctionnement habituel d’un organisme soumis au stress.

Se sentir plus serein a également un effet immédiat sur la qualité de notre sommeil et inversement, un meilleur sommeil rend notre esprit plus apaisé.

C’est un cercle vertueux.

L’acupression est également extrêmement utile si vous avez des soucis digestifs (lourdeurs, flatulences, nausées).

Parmi les points les plus étudiés figure le point P6, également appelé Neiguan.

Il se situe sur la face interne de l’avant-bras, à environ trois largeurs de doigts (ou deux pouces) au-dessus du pli du poignet, exactement entre les deux tendons centraux.

Il est parfois utilisé sous forme de bracelet d’acupression pour lutter contre les nausées et calmer le système digestif.

Si vous vous sentez concerné, appuyez sur le point avec le pouce ou le majeur. Exercez une pression circulaire continue assez ferme pendant 1 à 2 minutes. Répétez l’opération 2 à 3 fois par jour sur un ou les deux avant-bras si nécessaire.

Cela m’amène directement à la question suivante.

Peut-on pratiquer soi-même ?

C’est l’un des attraits majeurs de l’acupression.

Contrairement à l’acupuncture, elle ne nécessite aucun instrument. Certaines stimulations simples peuvent être réalisées soi-même sans problème, à condition de connaître les points pertinents et de faire les choses correctement.

Le geste ne doit jamais entraîner de douleur au point de provoquer une crispation ou une véritable souffrance.

L’objectif est plutôt de rechercher une sensation de pression ferme, éventuellement légèrement sensible, mais confortable et contrôlable.

Certains points sont traditionnellement déconseillés dans certaines situations, notamment pendant la grossesse. Une personne présentant une maladie, une douleur inhabituelle ou persistante, des symptômes importants ou inexpliqués doit évidemment rechercher leur cause auprès d’un professionnel de santé plutôt que de chercher simplement à les faire disparaître par pression.

L’acupression doit être considérée comme une approche complémentaire, et non comme un substitut à un diagnostic ou à un traitement médical.

Ceci étant dit, je vous donne quelques points clés que vous pourrez essayer.

Pour le stress :

Pincez entre l’index et le pouce pendant 1 à 2 minutes, puis massez cette zone en respirant profondément. Vous pouvez répéter ces gestes jusqu’à 3 fois par jour.

Pour les troubles digestifs :

Placez 4 doigts sur votre genou, sur l’avant de votre jambe, à l’endroit où vous ressentez un creux. Pour être certain d’être au bon endroit, bougez votre pied, la zone doit bouger sous vos doigts. Appuyez quelques minutes le plus près possible de l’os. Ce point fonctionne aussi pour la fatigue.

Pour les douleurs dans le bas du dos, vous pouvez stimuler le point V40 :

Assis ou allongé, genou légèrement fléchi, repérez le creux situé juste derrière le genou. Le point V40 se trouve approximativement au milieu de ce creux, entre les deux cordons tendineux perceptibles de part et d’autre. Exercez une pression douce et progressive de ce point pendant quelques dizaines de secondes.

Pour les maux de tête :

C’est le point VB20 qui nous intéresse. Il se situe à la base du crâne, dans les deux petites dépressions de part et d’autre des muscles verticaux de la nuque. On peut le repérer en plaçant les pouces sous l’occiput, de chaque côté de la colonne cervicale. C’est un point traditionnellement utilisé pour les céphalées, notamment lorsqu’elles s’accompagnent de tensions dans la nuque.

Avez-vous déjà testé l’acupression ?

Qu’en avez-vous pensé ?

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Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que les éditions Nouvelle Page pourront l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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